Si t’es arrivé jusqu’ici, c’est que t’as déjà dépassé le premier réflexe de dégoût ou que la curiosité l’a emporté. Moi je vais pas te juger ni te vendre ça comme une pratique « normale » pour tout le monde. La scatophilie (ou coprophilie, scat play, call it whatever), c’est du lourd : excitation sexuelle liée aux excréments, les regarder, les sentir, les toucher, parfois les goûter ou les utiliser dans des jeux de pouvoir. C’est l’un des kinks les plus extrêmes, souvent rangé dans l’edge play du BDSM. Et ouais, c’est tabou à mort. Mais pour ceux qui kiffent, c’est pas juste du sale : c’est intense, vulnérable, et parfois hyper libérateur. On va en parler cash.
C’est quoi exactement, et pourquoi ça branche certains ?
La scat, c’est l’attirance érotique pour les matières fécales. Ça peut aller de regarder quelqu’un chier, à se faire déféquer dessus, à jouer avec (smearing), jusqu’à l’ingestion dans les cas les plus hardcore. Souvent, ça s’inscrit dans du D/s : humiliation, soumission totale, abandon des dernières barrières sociales. Pour beaucoup, c’est le summum du lâcher-prise – genre, tu te mets nu émotionnellement en te couvrant de ce que la société dit être le plus dégueu.
Psychologiquement, y a plusieurs pistes : confrontation à l’interdit (ce qu’on apprend enfant : « caca, c’est sale, touche pas »), inversion des normes de pureté/virginité, ou juste le besoin d’aller plus loin dans l’humiliation pour ressentir un pic émotionnel. Certains disent que l’excitation coupe le dégoût naturel quand on est excité, évolution oblige, le sexe était déjà crade avant le savon. D’autres y voient un truc lié à l’enfance, à des conditionnements tordus. Mais au final, pour ceux qui le vivent, c’est souvent : « là, je suis vraiment à poil, accepté tel quel ». Ça crée une intimité de fou quand c’est consenti.
J’ai discuté avec des gens qui disent que c’est comme une purge : après une session, ils se sentent plus légers, moins coincés par les « il faut être propre ». C’est pas pour tout le monde, mais quand ça clique, c’est puissant.
Mon point de vue
Je me souviens d’une fois où une copine m’a avoué son fantasme scat après des mois de confiance. On a commencé soft : elle m’a laissé regarder pendant qu’elle allait aux toilettes porte ouverte, puis on a intégré ça dans du jeu. La première fois qu’elle s’est lâchée sur moi (sur le torse, pas plus), j’ai vu ses yeux : mélange de honte, excitation, et soulagement quand j’ai pas flippé. On a tout nettoyé après, mais ce moment de vulnérabilité partagée, c’était dingue. Pas glamour, pas porno – juste vrai. Ça a renforcé notre lien plus que n’importe quel vanilla sex.
Une autre fois, en solo d’abord, j’ai testé pour comprendre : juste sentir, toucher un peu. Le cerveau dit « beurk », mais le corps réagit autrement si le fantasme est là. Ça m’a aidé à capter pourquoi certains en ont besoin : c’est pas rationnel, c’est primal.
La sécurité : sans ça, c’est du suicide lent
Écoute bien : la scat, c’est pas safe sans précautions béton. Les excréments contiennent des bactéries (E. coli, salmonelle, shigella), virus (hépatite A surtout, parfois E), parasites (giardia, amibes). Le contact externe (sur la peau) est risqué mais gérable ; l’ingestion ou le contact muqueuses-bouche, c’est high risk pour des gastro violentes, infections urinaires, hépatite.
Règles de base que j’applique et que je conseille :
- Consentement absolu : tout le monde OK, mot de sécurité clair (rouge = stop immédiat).
- Barrières : gants latex/nitrile, dental dams pour le rimming ou contact oral, préservatifs sur jouets, plastique au sol pour limiter le bordel.
- Hygiène max : douche avant/après avec savon antibactérien, nettoyage immédiat de tout (corps, surfaces, jouets). Pas de passage direct anus-bouche sans barrière.
- Pas d’ingestion si possible – c’est le plus dangereux. Même son propre caca peut porter des pathogènes.
- Vaccins : hépatite A (et B si besoin), check-up médical régulier.
- Après-care obligatoire : câlin, discussion, hydratation. Des émotions peuvent remonter (honte post-nut, culpabilité).
- Commence petit : fantasmes verbaux, regarder des vidéos, jeux symboliques (chocolat fondu pour simuler), avant le vrai.
Si t’as des plaies, eczéma, ou système immunitaire faible : évite carrément.
Briser les mythes : c’est pas ce que tu crois
On pense souvent : « c’est pour les tarés », « c’est dégradant », « ça pue la maladie mentale ». Faux. Ça touche des gens de tous milieux – hétéros, gays, bi, vanilla qui découvrent ça tard. C’est pas obligatoirement violent : beaucoup le font soft, comme une forme d’acceptation totale. Et non, c’est pas automatique que ça empire ou devienne compulsif – tant que ça reste consenti et fun.
Le vrai danger, c’est la solitude : garder ça pour soi crée de la honte. En parler (même anonyme) aide souvent à le vivre mieux.
Trouver des partenaires sans te faire arnaquer
C’est le plus dur : c’est niche, peu de gens l’assument publiquement. Les spots :
- Sites de rencontre fétichistes spécialisés.
- Reddit (r/Coprophiles, r/ScatMeetups – mais prudence, lis les règles).
- Sites fetish/scat dating (comme Fetish.com, Popcorn.dating, ou des niches plus spécifiques).
- Communautés BDSM locales (munches, soirées) – pose des questions discrètes.
Toujours : discute longtemps en ligne, visio avant, première rencontre publique. Sois clair sur tes limites et attends la réciproque. Pas d’argent, pas de pression. Si quelqu’un pousse trop fort, next.
En conclusion
La scatophilie, c’est pas pour tout le monde, et c’est OK. Mais pour ceux que ça appelle, c’est une exploration profonde de l’interdit, de la confiance, du corps brut. Si t’es curieux, avance à ton rythme, protège-toi, et parle-en sans honte. Si t’as vécu des trucs ou des questions, balance en commentaire – on est entre adultes.